Author: Canadian Drug Policy Coalition

  • Cycle to Stop the Harm, une campagne qui vise Ă  lutter contre les dommages. Un voyage Ă  travers le Canada en faveur d’une politique sur les drogues progressiste.

    Cycle to Stop the Harm, une campagne qui vise à lutter contre les dommages. Un voyage à travers le Canada en faveur d’une politique sur les drogues progressiste.

    Le 1er janvier 2021, j’ai embarquĂ© sur mon vĂ©lo et roulĂ© de Saskatoon Ă  Vancouver pour rĂ©aliser un projet de sensibilisation Ă  la crise de l’empoisonnement aux opioĂŻdes, Ă  la rĂ©forme des politiques en matiĂšre de drogues et Ă  la santĂ© mentale, un projet appelĂ© « Cycle To Stop The Harm ». J’ai Ă©galement recueilli des fonds pour les organisations « Moms Stop The Harm » et la Coalition canadienne des politiques sur les drogues, deux groupes extraordinaires qui travaillent Ă  la rĂ©forme des politiques sur les drogues, Ă  la sensibilisation et Ă  l’éducation. DĂ©terminĂ©, je me suis lancĂ© avec un objectif de collecte de fonds de 20 000 $ et avec un vĂ©lo rempli de tout ce dont j’avais besoin pour survivre en faisant du camping d’hiver et du vĂ©lo Ă  partir des prairies canadiennes, en passant par les montagnes, jusqu’à la cĂŽte ouest. AprĂšs 29 jours et environ 1 670 kilomĂštres, j’ai rĂ©ussi Ă  arriver Ă  Vancouver avec tous mes orteils et tous mes doigts, le 29 janvier 2021, ainsi qu’un total de 25 450 $ de fonds recueillis. Avant tout, cela a permis de donner une voix Ă  des dizaines de milliers de personnes qui sont autrement ignorĂ©es, et de sensibiliser Ă  l’épidĂ©mie d’opioĂŻdes actuelle.

    Iliajah Pidskalny making a peace sign in front of his bike
    Iliajah Pidskalny; Saskatchewan; 2021

    Au cours de ce mois-lĂ , j’ai reçu de nombreuses questions : pourquoi le vĂ©lo ? Pourquoi l’hiver ? Pourquoi pendant une pandĂ©mie ? Mais qu’est-ce que tu as mangé ? Pourquoi du beurre d’arachide ? Qu’est-ce qui t’a motivĂ© lorsque c’était vraiment difficile ? Comment t’es-tu entraĂźnĂ© pour cela ? Que feras-tu aprĂšs ? As-tu un intĂ©rĂȘt personnel pour ce problĂšme ? Et enfin, la question la plus frĂ©quente et la plus importante : de quels dommages parles-tu ?

    La rĂ©ponse simple Ă  ce dernier point concerne les dommages causĂ©s par nos politiques actuelles en matiĂšre de drogues, qui reposent sur un modĂšle qui a Ă©chouĂ© depuis des dĂ©cennies. La « guerre contre la drogue » est un terme utile, car il souligne l’agressivitĂ© de notre approche actuelle qui, comme la guerre, coĂ»te beaucoup d’argent et de nombreuses vies. AprĂšs des dĂ©cennies de ratage, un tel modĂšle est en contradiction avec les preuves, la logique et les droits de la personne. La crise des opioĂŻdes est un exemple concret des dommages causĂ©s par la guerre contre la drogue. Cette crise reprĂ©sente une grave Ă©pidĂ©mie qui coĂ»te la vie Ă  des milliers de personnes.As-tu un

    IntĂ©rĂȘt personnel pour ce problĂšme ?

    Non, je n’ai pas de liens personnels avec une surdose ni avec l’empoisonnement par le fentanyl. Toutefois, je suis humain, et j’ai donc un lien personnel avec les autres humains. Je trouve que cette « guerre contre la drogue » est pitoyable et dĂ©vastatrice, et que les politiques dans ce domaine sont illogiques et injustes. Ces politiques ont Ă©tĂ© justifiĂ©es par un manque d’éducation sur les drogues, sur la consommation de drogues et sur la santĂ© mentale, ce qui a créé une culture marquĂ©e par la stigmatisation et une marginalisation tolĂ©rĂ©e. Le Canada devrait prendre ce problĂšme plus au sĂ©rieux avant que chaque Canadien ne perde un ĂȘtre cher Ă  cause d’un empoisonnement par le fentanyl ou d’une surdose. Ce n’est pas « nous contre eux ». En adoptant une approche des politiques sur les drogues qui est plus empathique et qui respecte les droits de la personne, on mettra non seulement en lumiĂšre les inĂ©galitĂ©s systĂ©miques, qu’elles soient socio-Ă©conomiques, culturelles, raciales ou sexuelles, mais on pourra aussi mieux comprendre la santĂ© mentale.

    Donc, quand on me demande, « de quels dommages parles-tu ? »

    Je parlais en fait des dommages causĂ©s par nos propres pensĂ©es. Que nous ayons perdu un proche ou que nous soyons prĂ©disposĂ©s gĂ©nĂ©tiquement Ă  la dĂ©pression, notre esprit est Ă  l’origine de tant de souffrances. « Cycle To Stop The Harm » Ă©tait axĂ© sur la santĂ© mentale. Une rĂ©forme de la politique en matiĂšre de drogues est le meilleur moyen de renforcer la recherche, la comprĂ©hension et la compassion concernant la santĂ© mentale et de rĂ©duire la stigmatisation (ainsi que de sauver la vie de dizaines de milliers de personnes). Nous sommes tous Ă  risque de souffrir de troubles psychologiques, qu’il s’agisse de dĂ©pression, de sentiment de solitude, d’anxiĂ©tĂ©, de dĂ©pendance, d’aviditĂ©, de haine ou de jalousie. Ce sont les raisons principales pour lesquelles je me suis lancĂ© dans la campagne « Cycle To Stop The Harm ». C’est pourquoi j’étais si motivĂ© pour attirer l’attention sur ce problĂšme, mĂȘme si je risquais de souffrir d’hypothermie et d’engelures pendant 29 jours. Je pĂ©dalais pour tous les garçons et toutes les filles qui ont Ă©tĂ© empoisonnĂ©s par le fentanyl et pour toutes les mĂšres et tous les pĂšres qui souffrent maintenant de leurs pertes. Je roulais pour les communautĂ©s les plus pauvres du Canada, du Ghana, du Mexique et de tous les autres pays. Je pĂ©dalais pour les riches et les pauvres, les religieux et les athĂ©es, les jeunes et les vieux. Chaque jour sur cette bicyclette, je roulais pour chaque ĂȘtre humain.

    Pourquoi le vĂ©lo ?

    Je savais que je pourrais faire du vĂ©lo et faire du camping en hiver. Je savais qu’un voyage fou comme celui-ci attirerait de l’attention. Je savais que je pourrais donner une voix Ă  tant de personnes qui n’ont ni la possibilitĂ© ni les ressources pour s’exprimer (ou pour ĂȘtre entendues).

    Cold snowing Saskatchewan highway
    Highway in Saskatchewan; 2021 / Autoroute en Saskatchewan ; 2021

    Pourquoi en hiver ?

    J’ai eu l’idĂ©e mi-dĂ©cembre et je ne voulais pas attendre. On m’a dit que j’étais impatient, mais je dirais que je suis plutĂŽt passionnĂ©. Je savais aussi que cette initiative gagnerait beaucoup plus d’attention en hiver qu’en Ă©tĂ©. De plus, voyager Ă  vĂ©lo et faire du camping en hiver mettent en lumiĂšre certaines difficultĂ©s rencontrĂ©es par les Canadiens sans-abri. Ayant Ă©tĂ© tĂ©moin de l’itinĂ©rance lors d’un autre voyage hivernal Ă  vĂ©lo de six semaines dans l’est du Canada (du 23 octobre au 3 dĂ©cembre 2020), je voulais inciter les gens Ă  rĂ©flĂ©chir aux dĂ©fis liĂ©s Ă  l’itinĂ©rance. Je me suis souvent demandĂ© pourquoi on me trouvait aventureux ou courageux, tandis qu’on disait rarement une chose pareille (ou rien du tout) aux personnes qui vivent dans la rue. C’est dur de vivre dehors en hiver, mĂȘme si on est bien Ă©quipĂ© et que c’est volontaire. Je ne peux pas imaginer comment c’est difficile de le faire involontairement et de devoir faire face Ă  d’autres obstacles tels qu’une maladie mentale grave ou la stigmatisation.

    Pourquoi pendant une pandĂ©mie ?

    Le monde entier se trouve aux prises avec une pandĂ©mie sans prĂ©cĂ©dent, et pourtant, les problĂšmes de logement, de dĂ©pendance, de dĂ©pression, de suicide et d’autres troubles de la santĂ© mentale et inĂ©galitĂ©s sociales ne cessent jamais. Au contraire, les surdoses et les suicides ont mĂȘme augmentĂ© dans de nombreuses communautĂ©s pendant ce temps. Je n’allais pas attendre que la pandĂ©mie soit « terminĂ©e » pour agir face Ă  ces problĂšmes. J’ai suivi tous les protocoles sanitaires et acceptĂ© les dĂ©fis particuliers que cela impliquait, comme vivre pendant deux semaines dans une tente, aprĂšs de longues journĂ©es Ă  vĂ©lo, jusqu’à ce que l’on puisse m’accueillir dans une maison. Cela m’a permis d’avoir accĂšs Ă  deux maisons chaleureuses au cours du mois de janvier, mais pas assez de douches


    Quant au voyage mĂȘme, je vais essayer de dĂ©crire en quelques mots les difficultĂ©s rencontrĂ©es.

    GrĂące Ă  mon bon Ă©quipement, je n’ai jamais eu froid pendant la nuit. Par contre, chaque matin, il a fallu que je sorte de mon sac de couchage bien chaud pour mettre des chaussettes, des bottes et des mitaines qui Ă©taient gelĂ©es. Au cours de la nuit, mon souffle se transformait en neige sur les murs intĂ©rieurs de ma tente. Ainsi, si je bougeais brusquement, la neige tombait dans ma tente. J’avais des chaussettes sĂšches en rĂ©serve, mais mes bottes Ă©taient mouillĂ©es (gelĂ©es), alors je les ai gardĂ©es en cas d’urgence (ce qui n’est jamais arrivĂ©, heureusement). Jour aprĂšs jour, tout devenait de plus en plus mouillĂ© et gelĂ©.

    Tent covered in snow along Cycle to Stop Harm route | Iliajah Pidskalny cycle
    Camping along Cycle to Stop Harm Route; 2021 / Faire du camping le long de la route de « Cycle to Stop the Harm » ; 2021

    Une fois que j’avais mis mes chaussettes et mes mitaines gelĂ©es, je rangeais le camp dans l’obscuritĂ© afin de pouvoir pĂ©daler Ă  l’aube. Comme la lumiĂšre du jour Ă©tait limitĂ©e (surtout au dĂ©but), je pĂ©dalais de l’aube au crĂ©puscule. Il m’a fallu beaucoup de temps et d’énergie pour prĂ©parer et ranger chaque jour un camp d’hiver efficace. Afin que cela vaille la peine, il me fallait faire au moins 80 km de vĂ©lo par jour. Cette distance n’était pas facile Ă  parcourir contre les vents contraires qui soufflent dans les prairies (toujours 50 km/h et parfois jusqu’à 90 km/h en rafales), mais j’ai pu parcourir une moyenne de 120 km par jour lorsque j’étais dans les montagnes.

    Une fois le camp rangĂ© et le vĂ©lo prĂȘt Ă  partir, l’une des parties les plus difficiles Ă©tait d’enlever des couches de vĂȘtements avant de pĂ©daler. Ça a toujours Ă©tĂ© dur. Je chantais et parlais comme un fou et cela semblait m’aider. Ensuite, il ne restait qu’à pĂ©daler jusqu’à ce que mon corps produise assez de chaleur pour que mes frissons cessent. Mais, avant ces moments-lĂ , le froid glacial semblait Ă©puiser mon Ă©nergie physique et mentale
 jour aprĂšs jour. Une fois complĂštement rĂ©chauffĂ©, j’ai pĂ©dalĂ© avec seulement une chemise Ă  manches longues, des leggings en polyester et un maillot de bain. Puis, la prochaine partie la plus difficile : m’arrĂȘter pour faire une pause. Si je m’arrĂȘtais, j’avais trĂšs froid, je frissonnais et je claquais des dents en quelques minutes (ou parfois quelques secondes). Être au beau milieu de nulle part au Canada avec de tels frissons conduit rapidement Ă  l’hypothermie. Ma seule source de chaleur Ă©tait celle de mon corps en faisant de l’exercice. Je m’arrĂȘtais donc rarement et seulement quelques instants. Une petite gorgĂ©e d’eau (qui devait ĂȘtre gardĂ©e dans un thermos) et une petite bouchĂ©e d’autant de calories que possible avant de reprendre le vĂ©lo. J’ai remarquĂ© que faire du vĂ©lo avec la bouche pleine de nourriture en essayant de ne pas s’étouffer et en portant un masque en mĂȘme temps Ă©tait une façon de se rĂ©chauffer rapidement aprĂšs une pause.

    Qu’est-ce que je mangeais ?

    Chaque matin et chaque soir, je mangeais des nouilles de riz avec du beurre d’arachide. Pour me soutenir le reste de la journĂ©e, je prĂ©parais des barres Ă©nergĂ©tiques Ă  base de dattes, de chocolat, de beurre d’arachide et de tortillas. AprĂšs avoir pĂ©dalĂ© toute la journĂ©e, j’avais toujours un gros coup de froid lorsque j’arrĂȘtais enfin de pĂ©daler pour la nuit. Pour Ă©viter cela, je montais le camp aussi vite que possible (ce qui a toujours trĂšs bien marchĂ©). Ensuite, je prĂ©parais mes nouilles de riz pour le souper, souvent avec du jus de lĂ©gumes ou des tomates en conserve et, Ă©videmment, du beurre d’arachide. J’ai mangĂ© d’autres choses sur ma route, notamment des bonbons en Saskatchewan et des croustilles en Alberta. Mais une fois que j’ai appris que la combinaison de dattes, de chocolat, de beurre d’arachide et de tortillas me faisait sentir invincible, je n’ai jamais voulu autre chose. Et ce fut ainsi, pendant 29 jours.

    Noodles cooked in a sauce pan in a tent
    Eating a meal during Cycle to Stop the Harm; 2021 / Prendre un repas pendant le « Cycle to Stop the Harm » ; 2021

    Pourquoi le beurre d’arachide ?

    Tous ceux qui avaient suivi mon voyage sur les rĂ©seaux sociaux ont remarquĂ© que le beurre d’arachide Ă©tait un thĂšme constant. Bien qu’il ait Ă©tĂ© considĂ©rĂ© comme une sorte de blague, ce produit constituait la majoritĂ© de mon apport calorique. Non seulement parce qu’il ne coĂ»te pas cher, mais aussi parce que j’ai de sĂ©rieux problĂšmes de santĂ© intestinale (SCI). Mes problĂšmes de santĂ© m’ont presque amenĂ© Ă  arrĂȘter de voyager et de vivre ce genre d’aventure, mais j’ai dĂ©cidĂ© d’adapter mon mode de vie (rĂ©gime alimentaire) de maniĂšre Ă  pouvoir faire ce que j’aime le plus. Évidemment, il a fallu que je redĂ©couvre ce qui me passionne le plus, mais ça, avec le beurre d’arachide, me permet d’aller de l’avant. (Je partage cela pour rappeler que je suis humain et qu’il ne faut pas exagĂ©rer les qualitĂ©s de mon caractĂšre.)

    Qu’est-ce qui m’a motivĂ© dans les moments les plus difficiles ?

    J’ai rencontrĂ© de nombreuses personnes tout au long de mon parcours et chacune avait une histoire, que ce soit la perte d’un ami empoisonnĂ© par le fentanyl ou sa propre histoire d’alcoolisme, de consommation d’hĂ©roĂŻne ou d’achats compulsifs. Je me rappelais chaque jour pour quoi et pour qui je roulais : c’était pour la santĂ© mentale de tous. Quand mes orteils Ă©taient gelĂ©s ou que le vent soufflait en rafales Ă  90 km/h, je me disais : « Ce n’est pas que pour toi, Iliajah. C’est pour tout le monde ». Je regardais vers les montagnes et je me disais : « Sois patient comme les montagnes, fort comme le vent, et humble comme la poussiĂšre ».

    Pendant ce mois, j’ai rarement pensĂ© Ă  ma destination. Je me concentrais plutĂŽt sur un seul jour Ă  la fois. Faire du vĂ©lo et du camping dans le froid exige beaucoup de concentration, et il y avait peu de temps ni pour cĂ©lĂ©brer ni pour me dĂ©tendre. Chaque instant Ă©tait trĂšs calculĂ©, car je devais constamment faire face Ă  la menace de l’hypothermie et des engelures. Cependant, lorsque j’ai quittĂ© Manning Park un matin, Ă  une tempĂ©rature de -20 Â°C, et que je suis arrivĂ© Ă  Agassiz Ă  une tempĂ©rature de +8 Â°C l’aprĂšs-midi mĂȘme, je me sentais incroyablement soulagĂ©. C’est Ă  ce moment-lĂ  que j’ai su que j’avais rĂ©ussi mon voyage et que j’arriverais en toute sĂ©curitĂ© Ă  Vancouver dans quelques jours. Lorsque je suis arrivĂ© Ă  ma destination officielle, la Jack Poole Plaza (flamme olympique) Ă  Vancouver, tout ce que je ressentais Ă©tait une fatigue indescriptible aprĂšs mon voyage et une certaine joie Ă  l’idĂ©e de ce qui m’attendait.

    Iliajah Pidskalny in front of the Olympic Flame in Vancouver
    Iliajah Pidskalny; Vancouver; 2021

    Comment me suis-je entraĂźnĂ© pour cela ?

    Au cours des six derniĂšres annĂ©es, je n’ai pas eu de voiture, ce qui a signifiĂ© de nombreux hivers et de nombreuses randonnĂ©es Ă  vĂ©lo sur de longues distances. Mon premier voyage a Ă©tĂ© de Saskatoon Ă  Vancouver (en Ă©tĂ©, Ă  18 ans, avec un copain), et j’ai dĂ©couvert une passion pour le vĂ©lo de longue distance. Depuis ce temps, je suis allĂ© faire de longs voyages en IndonĂ©sie, au Cambodge, en Espagne, et ailleurs au Canada. Je savais que mes jambes Ă©taient prĂȘtes pour « Cycle To Stop The Harm ». Toutefois, comme l’hiver est une autre affaire, je me suis concentrĂ© cette fois sur mon esprit. J’ai eu la chance d’avoir le temps, l’énergie et les ressources (livres, WiFi, contacts) qui m’ont aidĂ© Ă  dĂ©couvrir et Ă  pratiquer la mĂ©ditation. Ce fut le point de dĂ©part de mes sentiments de compassion et d’empathie, les sentiments qui m’ont poussĂ© Ă  me lancer dans un voyage Ă  vĂ©lo en plein hiver, pour personne de particulier, et pourtant pour chaque personne en particulier.

    Et aprùs ?

    Je suis allĂ© sur l’üle de Vancouver et j’ai continuĂ© Ă  faire du vĂ©lo pour « Cycle To Stop The Harm ». Ayant terminĂ© la collecte de fonds, j’ai dĂ©cidĂ© de me concentrer sur le dialogue et la rĂ©duction de la stigmatisation. Je croyais que ce serait un peu moins dur que mon expĂ©rience de ce dernier janvier, mais j’avais tort. J’ai connu un autre mois plein de mains et de pieds gelĂ©s, avec des frissons et des claquements de dents contre l’hypothermie. C’était beaucoup plus difficile Ă  surmonter que le mois de janvier, car il n’y avait pas de point final. Moins de monde suivait mon trajet, et mes efforts dangereux semblaient donc inutiles. Enfin, j’ai parcouru Ă  peu prĂšs 500 kilomĂštres de plus, de Nanaimo Ă  Campbell River, puis vers le sud jusqu’à Victoria, et enfin de retour Ă  Nanaimo. J’ai donc dĂ©cidĂ© de ralentir le projet « Cycle To Stop The Harm » et de prendre le temps de guĂ©rir et d’arrĂȘter de faire souffrir mon corps meurtri. Pourtant, alors que les jours sont plus chauds et que le soleil brille plus longtemps, des idĂ©es bourgeonnent dans mon esprit. Un nouveau dĂ©fi m’attend et il s’épanouira au bon moment.

    ~ Avec amour et enthousiasme, Iliajah Pidskalny

  • Une coalition nationale composĂ©e de personnes qui consomment de la drogue, d’organisations de dĂ©fense des droits de la personne et d’organisations communautaires dĂ©nonce les graves failles du « modĂšle de Vancouver » et appelle au changement

    Une coalition nationale composĂ©e de personnes qui consomment de la drogue, d’organisations de dĂ©fense des droits de la personne et d’organisations communautaires dĂ©nonce les graves failles du « modĂšle de Vancouver » et appelle au changement

    Vancouver, C.-B.—Une coalition pancanadienne d’organisations de dĂ©fense des droits de la personne, de dĂ©fense des politiques en matiĂšre de drogues, d’organisations communautaires et d’organisations de consommateurs de drogues exprime de sĂ©rieuses prĂ©occupations au sujet d’un modĂšle de dĂ©criminalisation des drogues qui sera soumis Ă  l’approbation du gouvernement fĂ©dĂ©ral. S’il est adoptĂ©, le « modĂšle de Vancouver », tel que proposĂ© par la ville de Vancouver, pourrait crĂ©er un prĂ©cĂ©dent — le premier du genre au Canada — et encourager d’autres villes Ă  suivre son exemple, parmi lesquelles des communautĂ©s en Ontario, en Alberta et au QuĂ©bec. C’est pour cela qu’il est essentiel que ce premier modĂšle de dĂ©criminalisation soit bien conçu, en se centrant sur la santĂ© et les droits des personnes qui consomment de la drogue, ainsi que sur les besoins de leurs proches et de leurs communautĂ©s.

    « Le maire avait promis que les consommateurs de drogues seraient impliquĂ©s tout au long du processus. Mais en rĂ©alitĂ©, la Ville s’est rĂ©unie avec les services de police en privĂ© et a conçu un rĂ©gime restrictif. On nous a exclus et l’on ne nous a jamais donnĂ© les dĂ©tails jusqu’à ce que ce soit un fait accompli », dit Garth Mullins, du Vancouver Area Network of Drug Users.

    « Si je consommais encore autant d’hĂ©roĂŻne que j’en avais l’habitude dans le passĂ©, le ‘modĂšle de Vancouver’ du maire me rendrait Ă  nouveau criminel, et ne me libĂ©rerait pas. Mais ce n’est pas trop tard pour corriger cela ».

    ~Garth Mullins du Vancouver Area Network of Drug Users

    La coalition, qui s’est engagĂ©e Ă  dĂ©fendre la santĂ© et les droits des personnes qui consomment de la drogue ainsi qu’à promouvoir des rĂ©formes progressives de la politique sur les drogues, fondĂ©es sur des donnĂ©es probantes, demande au gouvernement fĂ©dĂ©ral de corriger trois graves dĂ©fauts du modĂšle actuel de Vancouver. Ces lacunes sont dĂ©crites dans une dĂ©claration publique intitulĂ©e « La dĂ©criminalisation bien effectuĂ©e : Une vision de la rĂ©forme de la politique sur les drogues fondĂ©e sur les droits de la personne et la santĂ© publique, publiĂ©e aujourd’hui » :

    1. Absence de collaboration vĂ©ritable avec les personnes qui consomment de la drogue dans la conception d’un systĂšme qui leur est destinĂ©. Les personnes qui consomment de la drogue n’ont pas Ă©tĂ© consultĂ©es adĂ©quatement, et cela a entraĂźnĂ© une proposition qui ne reflĂšte pas les rĂ©alitĂ©s actuelles de la consommation de drogues. Cela finira par nuire au succĂšs du plan proposĂ© pour dĂ©criminaliser la possession personnelle de drogues Ă  Vancouver. Un systĂšme Ă©laborĂ© conjointement par ceux qui sont au cƓur du problĂšme a beaucoup plus de chances de rĂ©ussir. La coalition appelle le gouvernement du Canada et la ville de Vancouver Ă  faire participer les personnes qui consomment de la drogue de façon concrĂšte et significative.

    2. Les quantitĂ©s seuils pour la possession dĂ©criminalisĂ©e de drogues sont trop basses. SantĂ© Canada a demandĂ© Ă  la ville de Vancouver de proposer des quantitĂ©s seuils pour chaque drogue qu’une personne peut lĂ©galement possĂ©der. La fixation de quantitĂ©s seuils peut apporter de la clartĂ© et amĂ©liorer la santĂ© et les droits de la personne des personnes qui consomment de la drogue. Par contre, s’ils sont fixĂ©s trop bas, ces seuils risquent de dĂ©valoriser une proposition de dĂ©criminalisation et de causer des dommages. Les seuils proposĂ©s par Vancouver sont beaucoup trop bas et ne reflĂštent pas les rĂ©alitĂ©s de la consommation actuelle de drogues. Reposant sur trois Ă©tudes que Vancouver reconnaĂźt comme Ă©tant anciennes, les seuils proposĂ©s ne tiennent pas compte du fait que la tolĂ©rance aux drogues et les habitudes d’achat de nombreuses personnes ont considĂ©rablement augmentĂ© et que le marchĂ© de la drogue lui-mĂȘme a changĂ© Ă  cause de la COVID-19. Ce n’est qu’aprĂšs la soumission des seuils Ă  SantĂ© Canada que des consultations avec les personnes qui consomment de la drogue ont eu lieu. La coalition appelle SantĂ© Canada ou la ville de Vancouver Ă  modifier les limites proposĂ©es Ă  des niveaux plus rĂ©alistes, et ce, aprĂšs une consultation approfondie avec les personnes qui consomment de la drogue.

    « La mise en place et l’impact de seuils irrĂ©alistes nieront en partie les objectifs d’une loi de dĂ©criminalisation, et obligeront les gens Ă  se cacher », dĂ©clare Leslie McBain, cofondatrice de Moms Stop the Harm.

    « La criminalisation des personnes qui consomment de la drogue et la stigmatisation qui en rĂ©sulte entraĂźnent des consĂ©quences nĂ©gatives Ă  long terme pour les individus, comme la peur dans leurs familles et leurs amis. La criminalisation est source d’instabilitĂ© et de peur pour les personnes qui consomment de la drogue qui, par consĂ©quent, consomment souvent des drogues illicites tout seules finissent en mourant seules ».

    ~Leslie McBain, cofondatrice de Moms Stop the Harm

    3. La police impose les paramĂštres de la dĂ©criminalisation. Le Service de police de Vancouver (SPV) a Ă©tĂ© impliquĂ© dans la conception de cette proposition dĂšs le dĂ©but. Cette participation est trĂšs problĂ©matique, vu que le concept de « dĂ©criminalisation » est censĂ© supprimer la participation de la police Ă  une intervention politique, et non pas renforcer son rĂŽle en lui permettant de participer activement Ă  sa conception. Comme le dĂ©clare la ville de Vancouver, le modĂšle actuel a pour but d’ĂȘtre une politique axĂ©e sur la santĂ© publique et fondĂ©e sur des preuves. Les actions de la police ont historiquement Ă©tĂ© Ă  contre-courant des efforts de santĂ© et de rĂ©duction des mĂ©faits, et nous sommes trĂšs inquiets du rĂŽle majeur jouĂ© par le SPV dans ce processus. Il n’existe aucun critĂšre juridique ou autre qui oblige la police Ă  participer Ă  ce processus. Nous appelons la ville de Vancouver Ă  supprimer toute influence policiĂšre sur le processus et la forme de dĂ©criminalisation proposĂ©e Ă  SantĂ© Canada.

    « L’Association des intervenants en dĂ©pendance du QuĂ©bec (AIDQ) rĂ©clame une approche sur les drogues basĂ©e sur les meilleures pratiques, incluant la participation pleine et entiĂšre des personnes touchĂ©es par la criminalisation des drogues. Plusieurs municipalitĂ©s du QuĂ©bec ont entamĂ© des dĂ©marches en ce sens et certaines ont exhortĂ© le gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă  dĂ©criminaliser la possession simple et mettre fin aux reprĂ©sailles nĂ©fastes que vivent les usagers de drogues et leurs proches », dĂ©clare Sandhia Vadlamudy, directrice gĂ©nĂ©rale de l’Association des intervenants en dĂ©pendance du QuĂ©bec.

    « Les municipalitĂ©s du QuĂ©bec, dont MontrĂ©al, doivent Ă©viter le piĂšge prĂ©sent dans le modĂšle Ă©laborĂ© par Vancouver. L’AIDQ soutient les efforts pour que le QuĂ©bec adopte une posture inclusive et non stigmatisante avec les personnes qui font usage de drogues. Il faut soutenir et non punir. »

    ~Sandhia Vadlamudy, directrice gĂ©nĂ©rale de l’Association des intervenants en dĂ©pendance du QuĂ©bec

    Plus encore, le modĂšle proposĂ© ne permet pas d’aborder suffisamment les dommages intergĂ©nĂ©rationnels causĂ©s par les contrĂŽles policiers excessifs et la stigmatisation structurelle dirigĂ©s vers les communautĂ©s indigĂšnes et Noires et les personnes de couleur, qui souffrent de façon disproportionnĂ©e des impacts de la prohibition. Pour rĂ©ussir, toute proposition doit tenir compte de cette rĂ©alitĂ©. Une dĂ©criminalisation bien effectuĂ©e doit ĂȘtre fondĂ©e sur des preuves et une bonne politique publique, et non pas sur les intĂ©rĂȘts de la police. #DecrimDoneRight

    Finalement, le modĂšle proposĂ© ne rĂ©pond pas aux besoins des jeunes personnes, et ne permet pas aux jeunes de moins de 19 ans de bĂ©nĂ©ficier des avantages de la dĂ©criminalisation. Au contraire, le modĂšle renforce le pouvoir discrĂ©tionnaire de la police, ce qui perpĂ©tue une pratique dangereuse oĂč la police est la principale source de soutien pour les adolescents. Ces adolescents sont stigmatisĂ©s et ciblĂ©s pour leur consommation de drogues en particulier parce qu’ils sont jeunes.

    « Il n’y a aucune raison valable de continuer Ă  criminaliser les gens pour la simple possession de drogues au Canada, mais il existe de nombreuses Ă©vidences indiquant que nos lois actuelles causent des mĂ©faits considĂ©rables. Afin de profiter des avantages de la dĂ©criminalisation, le ministre fĂ©dĂ©ral de la SantĂ© doit exiger que les quantitĂ©s seuils reflĂštent la rĂ©alitĂ© de la consommation et le point de vue des personnes qui consomment de la drogue. Sinon, nous compromettons tous les objectifs de la dĂ©criminalisation ».

    ~Sandra Ka Hon Chu, directrice de la recherche et du plaidoyer pour le Réseau juridique VIH

    Contacts

    1. Dr Thomas Kerr — Scientifique principal au BC Centre on Substance Use et professeur au dĂ©partement de mĂ©decine de l’UniversitĂ© de la Colombie-Britannique : 604-314-7817 (peut ĂȘtre consultĂ© au sujet des seuils).
    2. Garth Mullins — Vancouver Area Network of Drug Users, Balado « Crackdown Â» : [email protected]
    3. Jean-SĂ©bastien Fallu — UniversitĂ© de MontrĂ©al (français/anglais) : [email protected], 514-777-5948
    4. Leslie McBain — Moms Stop the Harm : [email protected]
    5. Marilou Gagnon — Association des infirmiers et infirmiĂšres en rĂ©duction des mĂ©faits (français/anglais) : [email protected]
    6. Sandhia Vadlamudy — Association des intervenants en dĂ©pendance du QuĂ©bec (français) : [email protected], 514-287-9625, poste 103
    7. Scott Bernstein — La Coalition canadienne des politiques sur les drogues : [email protected], 604-500-9893
    8. Kali Sedgemore — Coalition of Peers Dismantling the Drug War : 604-220-7165, [email protected]
    9. Sandra Ka Hon Chu — RĂ©seau juridique VIH : [email protected], 647-295-0861

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    Téléchargez notre guide, qui explique pourquoi et comment les gouvernements provinciaux et municipaux devraient exiger une telle exemption

    Autres commentaires

    « Les personnes qui consomment de la drogue ont besoin de soutien, d’acceptation et d’inclusion. Il faut aller de l’avant et cesser de les stigmatiser structurellement avec nos lois et nos politiques sur les drogues. Ils ne sont ni des criminels ni malades ». (Jean-SĂ©bastien Fallu, UniversitĂ© de MontrĂ©al)

    « Les infirmiers et infirmiĂšres de la Colombie-Britannique appellent la dĂ©criminalisation depuis deux ans. La ville de Vancouver a eu l’occasion de dĂ©velopper un modĂšle en collaboration avec les personnes les plus touchĂ©es par la dĂ©criminalisation et d’utiliser les meilleures pratiques de consultation, d’engagement et de transparence. Elle a Ă©chouĂ© Ă  le faire. Le modĂšle proposĂ© continuera Ă  punir et Ă  nuire aux personnes qui consomment des drogues, ainsi qu’à perpĂ©tuer les obstacles aux soins de santĂ©. Ce modĂšle ne reflĂšte pas une approche axĂ©e sur les soins de santé ». (Marilou Gagnon, Association des infirmiers et infirmiĂšres en rĂ©duction des mĂ©faits)

    « Les jeunes devraient ĂȘtre invitĂ©s Ă  participer de façon concrĂšte et Ă©quitable Ă  l’élaboration conjointe des politiques qui auront un impact sur eux, contrairement Ă  ce qui s’est passĂ© lors de l’élaboration du ‘modĂšle de Vancouver’. Les organismes impliquĂ©s actuellement ne reprĂ©sentent pas les consommateurs et la proposition ne prend pas en compte les rĂ©alitĂ©s des adolescents et de la consommation de drogues. Un modĂšle qui exclut les jeunes ne reprĂ©sente pas une vĂ©ritable dĂ©criminalisation ». (Étudiant.es canadien.nes pour les politiques Ă©clairĂ©es sur les substances psychoactives, section de Vancouver)

    Organizational logos arranged in a square grid patter
  • Intimate partner violence, substance use, and COVID-19

    Intimate partner violence, substance use, and COVID-19

    covid 19 intimate partner violence covid 19 intimate partner violence

    “During COVID-19 and its aftermath it is important to consider the impacts of the pandemic and social and physical isolation on women’s health. This sheet explores adaptations to practice for service organizations and frontline workers, to respond to concerning trends in intimate partner violence (IPV) and substance use in the COVID-19 context.” Source: CCSA

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  • Statement on suspension of injectable opioid agonist treatment (iOAT) in Alberta

    Statement on suspension of injectable opioid agonist treatment (iOAT) in Alberta

    Edmonton, AB—Canadian Association of People Who Use Drugs, Canadian Drug Policy Coalition, Friends of Medicare, Moms Stop the Harm, and HIV Legal Network are deeply concerned about the health and safety impacts to vulnerable individuals accessing life-saving injectable opioid agonist treatment (iOAT) in Alberta.

    Yesterday, a court ruling upheld a decision by the Government of Alberta to end iOAT at clinics in Calgary and Edmonton by dismissing an injunction application to keep these vital, life-saving services running at those clinics. In our view, the ruling does not take into account the lived experience and perspectives of people who use drugs who attested to the benefits of the program and how ending it would threaten their health and safety. Earlier, the court heard that individuals suffering from severe opioid use disorder could face “irreparable harms including risk of death” if the government-funded treatment program is halted in March as planned. This included evidence that the Government’s decision to close the clinics has already contributed to severe harm to patients.

    The current iOAT program, prior to the Province creating uncertainty with its decisions, had a reported retention rate of over 80%, which is much above typical rates for substance use treatment. The Province of Alberta has in the past stated that addiction treatment should include services that support people beyond their substance use, something this program has done. It offers wrap around care, including on-site social workers who connect people with housing, income and employment support, psychologists and psychiatrists who help people deal with their underlying issues, including trauma, and most importantly peers with lived experience who understand and relate to the challenges the iOAT patients are going through. All this has contributed to the success of the iOAT program and has saved lives. This wrap around support will not be available in the unspecified model proposed by the Province.

    The recent ruling could result in individuals relying, once again, on a toxic supply of drugs from an unregulated, dangerous market outside a medical/community context and thus being exposed to the potential for further irreparable harm. It relied on an incomplete understanding of opioid use disorder and a lack of literacy around substance use, addiction, and the lives of people who use drugs. Once again, the voices and perspectives of people who use drugs—who are experts in their own experience—were not given sufficient weight in a decision directly impacting their health and wellbeing.

    Justice Dunlop, in his ruling, is quoted stating, “a causal connection between the Province’s planned changes and iOAT patients returning to street opioid use has not been proved.” But harms have already surfaced due to the Alberta government’s transition planning over the last year. The evidence before the court demonstrated that the Government’s decision has already contributed to one death and other serious harm for patients. Patients anticipate experiencing further serious, and irreversible harm once the clinics are shuttered.

    This ruling is especially concerning given the climate we now see ourselves in: two concurrent public health crises and a rise in overdose deaths across Canada due to COVID-19. It is precisely in times such as these that health services like iOAT should be expanded rather than scaled back. The decision to end these services in March is unconscionable and will risk the wellbeing of the plaintiffs in this trial. As individuals affected by the drug poisoning crisis, concerned citizens, health service providers, and professionals in the field, we are deeply troubled by the adverse health impacts that could follow from this decision. Lives are at stake.

    Contacts

    Natasha Touesnard, Executive Director
    Canadian Association of People Who Use Drug
    [email protected] | 902-223-9151

    Kym Porter, Alberta advocacy leader
    Moms Stop the Harm
    [email protected] | 403-580-7051

    Petra Schulz, Co-FounderMoms Stop The Harm
    [email protected] | 780-708-2244

    Alyssa Pretty, Communications and Administrative Officer
    Friends of Medicare
    [email protected] | 780-423-4581

    Corey Ranger RN BN
    Albertans for Ethical Drug Policy
    [email protected] | 250-880-0415

    Peter Kim, Director of Communications and Digital Engagement
    Canadian Drug Policy Coalition
    [email protected] | 604-787-4043

    Janet Butler-McPhee, Director of Communications and Advocacy
    HIV Legal Network
    [email protected] | 647-295-0861

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    About Canadian Association of People Who Use Drugs

    The Canadian Association of People who Use Drugs (CAPUD) is the national drug user organization in Canada. Our board and staff are comprised entirely of people who use(d) drugs. One of our main purposes is to empower people who currently use drugs deemed illegal to survive and thrive, with their human  rights respected and their voices heard. We envision a world where drugs are regulated and the people who use them are decriminalized. We are survivors of this war and we’ll continue to fight for policy reform that is based in evidence, understanding and compassion.

    About Canadian Drug Policy Coalition

    The Canadian Drug Policy Coalition (CDPC) is a coalition of over 60 organizations and 7,000 individuals working to support the development of progressive drug policy grounded in science, guided by public health principles, and respectful of human rights. CDPC operates as a project within Simon Fraser University’s Faculty of Health Sciences. CDPC seeks to include people who use drugs and those harmed by the war on drugs in moving toward a healthier Canadian society free of stigma and social exclusion.

    About Moms Stop the Harm

    Moms Stop the Harm (MSTH) is a network of Canadian families impacted by substance use related harms and deaths. We advocate to change failed drug policies and provide peer support to grieving families and those with loved ones who use or have used substances.

    About HIV Legal Network

    The HIV Legal Network, formerly the Canadian HIV/AIDS Legal Network, promotes the human rights of people living with, at risk of or affected by HIV or AIDS, in Canada and internationally, through research and analysis, litigation and other advocacy, public education and community mobilization.

    About Friends of Medicare

    Friends of Medicare is a provincial coalition of individuals, service organizations, social justice groups, unions, associations, churches and other organizations whose goal is to raise public awareness on concerns related to Medicare in Alberta and Canada.

  • Reducing transmission of respiratory illness through improved indoor air quality

    Reducing transmission of respiratory illness through improved indoor air quality

    Improving ventilation for covid-19 Improving ventilation for covid-19

    “The following is an edited summary of a conversation with Dr. Jeffrey Siegel, Professor of Civil Engineering at the University of Toronto. Dr. Siegel is an expert on indoor air quality and ventilation. The conversation took place in late December, 2020. Some information was also added following the conversation by MAP.

    Respiratory illnesses like COVID-19 are spread in a few ways, including through the air. When people are together indoors, infections can spread more easily. But there are things you can do to improve indoor air quality and help reduce transmission. While this is particularly urgent during the COVID-19 pandemic, improvements to indoor air quality are important long-term investments at any time. For example, these improvements can help reduce transmission of long-standing respiratory illnesses such as flu and tuberculosis.

    Please note, the below focuses on airborne transmission, and does not address or replace other infection control measures such as masks, hand washing and the disinfection of surfaces.”

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  • DĂ©criminalisation de la drogue Ă  Vancouver

    Décriminalisation de la drogue à Vancouver

  • En 2021, vers une rĂ©forme de la politique sur les drogues

    En 2021, vers une réforme de la politique sur les drogues

    Il faut reconnaĂźtre que 2020 a Ă©tĂ© un dĂ©sastre. Il est possible d’exprimer le nombre de victimes en chiffres, mais on ne peut pas calculer l’impact et les dommages actuels. Amis, membres de la famille, partenaires et collĂšgues ont perdu leurs vies, un grand nombre d’entre eux seuls, et la plupart, Ă  cause des politiques sur les drogues Ă©chouĂ©es.

    Nous sommes bien conscients des difficultĂ©s rencontrĂ©es au cours de l’annĂ©e passĂ©e. Toutefois, il faut reconnaĂźtre les actes de courage, d’ingĂ©niositĂ© et de dĂ©termination qui ont contribuĂ© Ă  faire Ă©voluer la situation en matiĂšre de santĂ© publique, de rĂ©duction des mĂ©faits et de politique sur les drogues. Avec la pandĂ©mie de la COVID-19, le grand public a pu voir et comprendre les inĂ©galitĂ©s sanitaires profondes qui affectent la sociĂ©tĂ© canadienne. Ainsi, le discours public et la conscience du public se sont ouverts aux questions qui concernent la consommation supervisĂ©e, la dĂ©criminalisation des drogues et un approvisionnement sĂ»r— comme ils ne l’avaient jamais fait auparavant.

    A mourner sits on the ground at a rally in Vancouver
    Journée internationale de sensibilisation aux surdoses; Vancouver; 2020

    En 2020, le nombre de surdoses a continuĂ© Ă  augmenter, mais la pandĂ©mie de la COVID-19 a Ă©galement privĂ© les Canadiens de leurs soutiens rĂ©guliers. Elle a peut-ĂȘtre finalement permis Ă  certaines personnes de trouver un abri, mais le risque de surdose a aussi augmentĂ©, puisque ces personnes vivaient dĂ©sormais seules.

    En 2021, il y a beaucoup de travail Ă  faire. Il y a encore des drogues toxiques dans le marchĂ© illĂ©gal. La stigmatisation et la discrimination repoussent encore les gens Ă  l’ombre. Les gouvernements municipaux et provinciaux continuent de rejeter toute Ă©vidence de la rĂ©duction des mĂ©faits et de ses effets positifs. De plus, il faut encore faire changer d’avis nos dirigeants Ă©lus et les convaincre de soutenir une politique progressiste sur les drogues.

    En 2021, la Coalition canadienne des politiques sur les drogues se concentrera sur la décriminalisation et la réglementation légale des drogues afin de mettre fin aux méfaits du marché des drogues toxiques. Pour y parvenir, nous mÚnerons une série de grands projets, chacun ayant son propre public et son propre objectif, afin de pousser le Canada vers un avenir sans méfait lié à la politique sur les drogues.

    ÉvĂ©nement Ă  l’appui du site de prĂ©vention des surdoses de Lethbridge; Lethbridge, AB; 2020

    Au premier plan de nos efforts se trouve le projet Aller de l’avant : mettre fin Ă  la crise des surdoses. Ce projet national de dialogues sur la santĂ© publique vise Ă  aider les Canadiens Ă  comprendre que nous poursuivons tous les mĂȘmes objectifs : une sociĂ©tĂ© en sĂ©curitĂ© et sans danger, ne souffrant pas des mĂ©faits d’un approvisionnement toxique de drogues. À travers le Canada, ce projet permettra de rassembler les dirigeants des communautĂ©s afin de dĂ©finir des valeurs et des objectifs communs, ainsi qu’une vision partagĂ©e du changement, permettant ainsi aux Canadiens de travailler ensemble Ă  la recherche de solutions. Aller de l’avant vise Ă  rapprocher les communautĂ©s et Ă  Ă©tablir ainsi une base solide de soutien public ce qui permettra de stimuler nos autres initiatives et efforts majeurs.

    Le projet Broken Drug Policies est un projet similaire en Colombie-Britannique, qui vise Ă  accĂ©lĂ©rer la rĂ©forme des politiques sur les drogues en s’appuyant sur les progrĂšs dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ©s au niveau provincial. Broken Drug Policies aidera le public Ă  comprendre comment les systĂšmes interconnectĂ©s (de soins de santĂ©, de justice pĂ©nale, de services sociaux et d’emploi) affectent la consommation de substances. Ce projet soulignera Ă©galement que les citoyens ont le pouvoir d’influencer ces systĂšmes afin de crĂ©er des changements.

    Le Projet D’encadrement ActualisĂ© examinera en profondeur comment un systĂšme lĂ©gal de rĂ©glementation des drogues pourrait fonctionner. Seule un approvisionnement sĂ»r et rĂ©glementĂ© de drogues permettra de mettre fin Ă  cette Ă©pidĂ©mie de dĂ©cĂšs par surdose, mais la premiĂšre Ă©tape essentielle pour y parvenir est d’envisager un tel avenir. Dans le cadre de ce projet, la CCPD consultera les parties clĂ©s, notamment les consommateurs de drogues, afin de dĂ©terminer les facteurs qui contribueraient au succĂšs d’un systĂšme lĂ©gal de rĂ©glementation. Comment les gens auraient-ils accĂšs Ă  des drogues plus sĂ©curitaires? Qui pourrait les obtenir? Quand et oĂč pourraient-ils les obtenir? Tous ces points seront examinĂ©s afin de dĂ©finir les grandes lignes d’un changement qui pourrait sauver des vies.

    Two men carry a large black wooden coffin along the march route
    Marche commémorative du Réseau des usagers de drogues de la région de Vancouver; Vancouver; 2020

    Imagine Safe Supply se joint Ă  cet effort afin de dĂ©finir le concept de l’approvisionnement sĂ»r, mais aussi de prĂ©ciser ce que cela signifie pour les personnes les plus directement touchĂ©es par les mĂ©faits de notre politique actuelle sur les drogues : les consommateurs de drogues. Il est indispensable de comprendre en profondeur ce concept pour mettre en place une politique transformatrice.

    Avec le dĂ©ploiement des vaccins de la COVID-19, on est ravi de dĂ©marrer la planification de Stimulus 2022 : Drogues, politiques et pratiques au Canada. Cette confĂ©rence sur la rĂ©duction des mĂ©faits est la plus grande du pays. Elle rĂ©unira des spĂ©cialistes de la rĂ©duction des mĂ©faits, des personnes qui consomment des drogues, des responsables gouvernementaux, des leaders communautaires, des dĂ©fenseurs et des universitaires et leur permettra de partager leurs connaissances ainsi que de renforcer la communautĂ© pour mieux rĂ©pondre Ă  la crise des surdoses la plus grave de l’histoire du Canada.

    En regardant vers 2021 avec espoir, il faut ĂȘtre unis, aujourd’hui plus que jamais, alors que nous progressons sur cette voie qui nous permettra de changer les politiques sur les drogues Ă©chouĂ©es et de sauver des vies. C’est pourquoi nous vous demandons de nous soutenir.

  • Des groupes juridiques et des organisations de la sociĂ©tĂ© civile saluent le travail de la ville de Vancouver sur la dĂ©criminalisation des drogues

    Des groupes juridiques et des organisations de la société civile saluent le travail de la ville de Vancouver sur la décriminalisation des drogues

    Vancouver, Coast Salish Territories – Today, the Mayor of Vancouver, supported by Vancouver Coastal Health, announced a motion that could lead to the decriminalization of simple drug possession in Vancouver. If the motion is passed, Vancouver City Council will request an exemption from the federal government — under the Controlled Drugs and Substances Act — that would protect all people in Vancouver from the enforcement of simple drug possession as a criminal offence. If implemented properly, this could eliminate all criminal consequences for possessing drugs for personal use. Decriminalization would be a critical move towards addressing record overdose deaths and rampant stigma against people who use drugs, reducing barriers to accessing services, and avoiding ineffective and unnecessary use of public funds.

    In May, Pivot Legal Society, the Canadian Drug Policy Coalition (CDPC), and the HIV Legal Network called on the federal government to use this same exemption power to decriminalize simple drug possession. To date, more than 170 civil society organizations have endorsed this call. Following their October release of a report on drug decriminalization in Vancouver, Pivot launched an email petition urging Vancouver’s Mayor and Council to apply for a local exemption and take more meaningful action than simply calling on other levels of government to do the right thing. Last week, the HIV Legal Network released a primer for municipal and provincial governments on why and how to request an exemption from the federal Health Minister to effectively decriminalize simple drug possession.

    READ MORE: The City of Vancouver announcement on decriminalization

    Pivot, CDPC, and the HIV Legal Network welcome Vancouver’s leadership in seeking to curb an ineffective and deadly war on people who use drugs. We urge City Councillors to quickly and unequivocally adopt the proposed motion as presented, without proposing administrative sanctions or other amendments that would weaken its positive outcomes. In addition, we urge cities and provinces across the country to take similar action. Inaction will only lead to more preventable deaths and infections. Caitlin Shane, Drug Policy Staff Lawyer at Pivot Legal Society, says all municipalities and provinces must urgently tackle the drug policy crisis ravaging communities across the country: “Overdose fatalities have ballooned during COVID-19, far surpassing the number of fatalities caused by the coronavirus itself. Criminalizing people who use drugs is a public health disaster that causes untold harms to poor and racialized communities. Decriminalization is a key step towards reducing over-policing and rampant incarceration, and re-allocating funds to health, harm reduction, and safe supply efforts.”

    READ MORE: Pivot Legal Society’s Report: Act Now! Decriminalizing Drugs in Vancouver

    Scott Bernstein, Director of Policy at CDPC, calls the announcement bold and necessary:

    “A growing chorus of civil society and rights organizations, the Canadian Association of Chiefs of Police, public health officers, and people who use drugs across the country have decried the failure of drug prohibition and significant harms caused by treating a public health crisis as a criminal law issue. We are pleased that Vancouver is heeding these calls.”

    Sandra Ka Hon Chu, Director of Research and Advocacy at the HIV Legal Network, urges other cities, provinces, and territories to follow Vancouver’s lead and apply for a similar exemption:

    “Policymakers have a responsibility to adopt measures that uphold the health and safety of people who use drugs in their respective jurisdictions. Requesting an exemption from the federal Minister of Health is simple and vital. Municipal and provincial actors can take concrete actions now to move from harmful, failed criminalization to evidence-based public health approaches that respect human rights.”

    READ MORE: HIV Legal Network’s Report: Decriminalizing People Who Use Drugs: A Primer for Municipal and Provincial Governments

    Download PDF Version

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    Media Contacts

    Sozan Savehilaghi, Pivot Legal Society Email: [email protected] Direct: 604-255-9700 ext. 154

    Peter Kim, Canadian Drug Policy Coalition Email: [email protected] Direct: 604-787-4043

    Janet Butler-McPhee, HIV Legal Network Email: [email protected] Direct: 647-295-0861

    About Pivot Legal Society

    Pivot Legal Society is a leading Canadian human rights organization that uses the law to address the root causes of poverty and social exclusion in Canada. Pivot’s work includes challenging laws and policies that force people to the margins of society and keep them there. Since 2002 Pivot has won major victories for sex workers’ rights, police accountability, affordable housing, and health and drug policy. http://www.pivotlegal.org/our_story

    About Canadian Drug Policy Coalition

    The Canadian Drug Policy Coalition (CDPC) is a coalition of over 60 organizations and 7,000 individuals working to support the development of progressive drug policy grounded in science, guided by public health principles, and respectful of human rights. CDPC operates as a project within Simon Fraser University’s Faculty of Health Sciences. CDPC seeks to include people who use drugs and those harmed by the war on drugs in moving toward a healthier Canadian society free of stigma and social exclusion. https://drugpolicy.ca/

    About HIV Legal Network

    The HIV Legal Network, formerly the Canadian HIV/AIDS Legal Network, promotes the human rights of people living with, at risk of or affected by HIV or AIDS, in Canada and internationally, through research and analysis, litigation and other advocacy, public education and community mobilization. http://www.hivlegalnetwork.ca/

  • Prelim. patterns around opioid-related deaths in ON during COVID-19

    Prelim. patterns around opioid-related deaths in ON during COVID-19

    overdose deaths in ontario during covid overdose deaths in ontario during covid

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    “The rising rate of opioid-related deaths across Canada has been an ongoing and significant national public health crisis for over a decade.1 In just the first three months of 2020, there were 1,018 opioid- related deaths recorded in Canada, the vast majority of which (96%) were accidental.2 In the midst of this ongoing crisis, the emergence of the COVID-19 pandemic in Ontario led to the provincial declaration of a state of emergency on March 17, 2020.3 Within Ontario, the first wave of the pandemic was addressed with public health restrictions to mitigate the spread of COVID-19, which included physical distancing measures that resulted in reduced capacity for pharmacies, outpatient clinics, and harm reduction sites providing care to people who use drugs. Despite the intention to reduce the impact of COVID-19, there is concern that these measures could lead to unintended harms.”

    Source: Ontario Drug Policy Research Network